Friday, October 27, 2017

Le rapport de Mao sur le mouvement paysan.

L’extrait du jour concerne un rapport de Mao Zedong, rédigé en 1927, à propos du mouvement paysan dans la province du Hunan ; alors le centre névralgique de cet évènement. Le document est relaté dans l’œuvre de Mason J. Gentzler, « Changing China: Readingsin the History of China from the Opium War to the Present  », aux pages 217 à 222 et imprimé par la maison Praeger à New York en 1977. L’initiative de Mao correspond à une tentative de motiver son parti alors minoritaire, fragile et hésitant à agir tandis que les tensions avec le Guomindang vont en s’aggravant.

Lorsqu’il énonce ses différentes constations argumentées, le communiste dénigré tente d’avertir ses contemporains que la classe ouvrière est vitale à l’ambition révolutionnaire. Alors que les prolétaires des villes et les collectifs paysans étaient délaissés par le Parti Communiste Chinois (craignant les foudres du grand frère t autre réactionnaires du Guomindang).

Et l’enquête minutieuse, sérieuse et engagée du jeune Mao lui permit de comprendre qu’on l’avait bien mal informé sur la question paysanne, tant on avait minimisé et déformé la vérité. Chose qu’il pu découvrir par lui-même, en son expédition dans la province et espère rectifier par ce rapport. De plus, il prédit un vent de révolte de grande ampleur à l’échelle nationale d’ici peu. Ses propos cinglants renvoient à la virulence de la révolte bolchevik de 1917 en Russie, sinon à l’élan patriotique de 1911 en Chine (qui perdurait encore dans les années 20, contre les seigneurs de la guerre, les étrangers et leur politique « impérialiste » exploitant encore le peuple).

Dans un second paragraphe, l’auteur décrit l’évènement du mouvement réactionnaire et revendicaliste comme efficace, au regard de ce qui s’en suivit. L’abolition des privilèges aux classes aisés (propriétaires terrien, élites locales ...) et par la même de tout pouvoir sur ces terres. Les collectifs paysans s’arrogeant légitimement le droit de se gouverner. Mao achève son constat par une citation troublante : « Tout le pouvoir aux associations de paysans, est devenu une réalité ».

Son troisième point relate le vent de panique des offusqués, la gentry urbaine à la fois hystérique et scandalisé par cette brutalité, propage la nouvelle  de son point de vue. Tandis qu’évincer ces gens-là, considérés comme néfastes par l’auteur, lui semblait être l’objectif de cette rébellion. Un activisme du progrès, destiné à briser la machine infernale arriérée et ses rouages malfaisants. Mao tente-là de rassurer sur la situation qui agite les campagnes jusqu’aux villes.

Il est d’ailleurs bien conscient que certains y voit de l’excès en tout, voire de la barbarie. Mais l’auteur cautionne ces agissements et tente d’en minimiser l’image choquante. Puisqu’il leur concède une frustration certaine et une vie si dure que quelque acte de vengeance personnelle semblant raisonnables à son sens. Puis il rappelle une évidence, celle de ne pouvoir mener une révolution sans violence ni affirmation de la gronde populaire oppressée. Il sollicite enfin ses camarades d’y aider.

Note Analytique de « Report on an Investigation of the Peasant Movement in Hunan, Mao ZeDong (1927) »


LEE, Tsai Jung
Note Analytique de « Report on an Investigation of the Peasant Movement in Hunan, Mao ZeDong (1927) »
Ce document « Report on an Investigation of the Peasant movement in Hunan, Mao ZeDong» a été écrit et traduit en anglais par J. Mason Gentzler en 1927. Il est un extrait issu de l’ouvrage « Changing China : Readings in the History of China from the Opium War to the Present » publié par Praeger en 1977.

L’origine du texte est un rapport d’un homme d’Etat ancien de la Chine populaire, Mao ZeDong. Dans ce rapport, Mao servait à un témoin du problème des paysans à Hunan. En 1926, il se chargeait du secrétaire du Comité Central des Mouvements Paysans. C’était à travers son expérience de première main que la pression de ces derniers sous le féodalisme a été abordée. De plus, il a évoqué l’étape initiale de la révolution civile chinoise, ce qui était de traiter les affaires à propos des classes ouvrières et paysannes. Les paysans furieux étaient si nombreux que la révolte aurait connu un succès avec leur soutien.

En outre, dans le rapport de Mao, il était mentionné que les soulèvements des paysans à Hunan étaient une preuve d’équité. A cause des officiels corrompus et des mauvaises coutumes dans les zones rurales, la lutte du prolétariat contre le capitalisme était légitimée.

Via son discours, nous pouvions deviner l’idéologie de Mao. Par exemple, « A revolution is an insurrection, an act of violence… », « They will sweep all the imperialists, warlords, ... into their graves. », « ...the collapse of the power of the landlords… » , tous relevaient que Mao ZeDong était un marxisme-léninisme, et marquait aussi sa brutalité. Il appuyait des associations paysannes qui prenaient des mesures violentes pour renverser le capitalisme. En effet, Mao ZeDong était un penseur chinois ainsi que l’initiateur de la sinisation du marxisme. Ses idées ont donc devenaient les principes fondamentaux du Parti communiste de la Chine.

Wednesday, October 25, 2017

REPORT ON AN INVESTIGATION OF THE PEASANT MOVEMENT IN HUNAN, MAO ZEDONG (1927)


Le document Report on an Investigation of the Peasant Movement in Hunan est un extrait d’un rapport de Mao Zedong sur les mouvements paysans, écrit en 1927. Le texte est issu de l’ouvrage Changing China: Readings in the History of China from the Opium War to the Present, traduit en 1977, par J. Mason Gentzler, publié par New York: PraegerIl y décrit et légitimise les mouvements paysans observé durant sa campagne dans le Hunan pendant 32 jours afin de rassembler le prolétariat.

Le champ lexical apocalyptique qu’utilise Mao et l’empressement dont il fait preuve à prendre une voie révolutionnaire, ont pour but de légitimer les violences de ce mouvement. Le fait que le prolétariat paysan se soit levé et unie en masse n’est pas une mauvaise chose, selon lui, puisque l’objectif est de renverser les institutions patriarcales, les fonctionnaires corrompus dans les villes et contre les mauvaises coutumes dans les zones rurales. Afin de permettre aux paysans d’obtenir le pouvoir, disputé à cette époque par plusieurs régimes et partis. La terreur créée par ce soulèvement dans les campagnes est nécessaire, selon lui, puisqu’une révolution n’est ni « raffiné » ni « tranquille ». Une révolution entraine forcément de la violence puisqu’il s’agit d’une classe renversant une autre classe. Ici la paysannerie cherchant à renverser la classe des seigneurs féodaux.


Mao s’est tourné vers les paysans oubliés de la Chine rurale au profit des villes, leur nombre conséquents est une force pour le mouvement, lorsqu’ils s’unissent Mao les décrit lui-même comme un ouragan qui balaye tout sur leur passage. Mélange d’opinions appuyées de quelques faits, le texte fait écho à la guerre civile chinoise qui suivra cette année-là. Ici, on en apprend un peu plus sur la vision de Mao ainsi que ses ambitions face au gouvernement et aux partis de l’époque, n’hésitant pas à se rendre pendant plus d’un mois en province afin de rallier les paysans à sa cause. 

Monday, October 23, 2017

Compte rendu de lecture


Cindy Yik-yi Chu, Foreign Communities in Hong Kong,1840s–1950s


    L'ouvrage Foreign Communities in Hong Kong,1840s–1950s est une collection d'essais rédigée par Cindy Yiki-yi Chu et publiéé par Palgrave Macmillan en 2005, sur l'adaptation et l'ajustements des groupes ethniques minoritaires à Hongkong des anées 1840s aux années 1950s. L'éditeur Cindy Yiki-yi Chu, diplômé de doctorat de l'Université d'HawaÏ et professeur d'Hisoire à l'Université de Baptiste de Hongkong, décrit dans cet ouvrage l'histoire de Hongkong à travers les perspectives des communautés étrangères. La significationn de cette oeuvre réside dans la première fois que l’on réunit l’histoire des communautés étrangères différentes à Hongkong. 

   Tout d'abord, l'éditeur nous présente l'idée générale de Hongkong -- cosmopolite, occidentalisé, plein d'immigrés, une ville mondiale avec une longue histoire de coexistence avec d'autres cultures et d'autres peuples. Mais Cindy montre que la littérature existante sur la présence étranger à Hongkong malgré nombreuse, se concentrent sur un seul objet, par exemple, une compagnie ou une église. Il souligne ici que les secteurs étrangers et les étrangers étaient bien contactés à l'intérieur et à l'extérieur de leur propore communauté, et exrcaient ensemble une influence sur la société de Hongkong.
   
 Plus l’éditeur présente par ordre chronologique les communautés étrangères : celle du Royaume-Uni, l’Allemagne, le Japon, les catholiques, les Indiens ainsi que les diplomates américaines.
    Les Britanniques rendent Hongkong sa colonie en 1841 et occupent tous les temps une place primordiale. Cette partie sont écrit par Gillian Bickley, professeur d'Anglais retraitée de l'Université de Baptiste de Hongkong. Elle argumente que ni les Britanniques domestiques ni ceux en colonie ne peuvent se concilier sur le projet de l'acquisation de la colonie et les fonctions à servir dans les colonies. Donc ils n'arrivent pas à définire un shéma du développement de la communauté britannique à Hongkong. Bickley montre que le coeur de la communauté britanique se compose de la service armée et les officiers dans le gouvernement britannique à Hongkong, le reste ce sont les professeurs, les missionaires, ect. Elle est très petite dont les membres sont  des résidants temporains. En plus Bickley nous montre comment se joue la communauté britannique en scène, comment elle se grantit et se prend sa propre identité et leurs commentaires vers Hongkong partagés.
      Ayant touvé sa place en Chine dans les années 1840s, les allemands commencent à s'intéressent à Hongkong à partir des années 1850s. Ricardo K. S. Mak nous montre une communauté paradoxe. Au début, très petite, très prudente et pragmatiste, au lien de se disputer pour la position dominante des Britanniques, la communauté allemande choisit leur s'attache et s'intégrent. Dès les années 1870s, les allemandes promeuvent le commerce entre le région où se trouve Hongkong et leur pays natal, ce qui suscite une sentiment nationaliste chez les allemands. L'émergence de la tension, enfin la Première Guerre Mondiale.
      La communauté catholique à Hongkong est rermarquée de l'adaptation et l'ajustement. Selon le description de Cindy Yik-yi Chu, les catholiques sont arrivés à Hongkong en 1841 sans politique missionaire et avec seulement le personnel contemporaire, mais grâce à l'augmentation démographique de Hongkong, et les convertis aussi, ils se développent à une communauté, et acquiert la possibilité de renforcent leur promotion. Pour se faire mieux accepter, l'Eglise s’implique plus dans son travail séculier, grâce auquel des gens en marge ou en désepérance peuvent tenir un coup de main. Pour mettre à l’accent ses caractéristiques, Cindy cite leur réussite pendent les deux guerres mondiales à organiser des activités et satisfaires les besoins locals. 
       Bien que la négligence des intellectuels, dans la société de Hongkong avant la Guerre Pacifique, les japonais joue un rôle assez influent . Ils se font remarquer en 1874 par l'établissement du Consulat japonais. L'auteur Ng les prend comme une communauté capable de subir tous les changements rapides et brutals. Au début de la 20eme siècle, le Japon se sert de Hongkong comme une base intelligente, un accès des informations internationales, qui promeuve la relation avre le Royaume-Uni et facilite les échanges. La durée de l’occupation du Japon de 1941 à 1945 après l'éclat de la Guerre pacifique marque une période particulière où Hongkong est en contrôle d'un pays étranger mais pas le Royaume-Uni et l'Xénopgobe s’expresse d’une façon frénétique sans précédent. Mais il faut faire attention que l'origine de cette vague n'est pas les Chinois, mais les Japonais qui se battent contres les étrangers par peur de perdre son contrôle sur Hongkong. La plus grande manifestation de l'Xénophobe est celle de Stanley Civilian Internment Camp .
      Possédant d'une diversité sans équal, la coummunauté des Indiens, examinées par Caroline PlÜss , inclut quatre grouites immigrants : Parsees, Mislims, Sikhs et Hindus. Deux points communs de ces quatre concernent l’attitude pragmatique et une tendance à déserter la tradition.
         Dans le contexte de la Guerre froide dans les années 1950s et l'emergence du communisme chinois, on fait établir le Consulat de USA, un secteur à l'intérieur de la communauté américaine. Chi-Kwan Mark l'appèle avec ironie " Mains de Chine ". Il explique que cet évènement brutal et original attribue à la victoire du communisme en Chine en 1949. Pour faciliter leur travail, les officiers du consulat coordonnent avec le gouvernement britannique à Hongkong.\

      Dans cette oeuvre l’éditeur nous décrit en détail et complètement l’histoire des communautés étrangères à Hongkong. Tous les contributeurs ont une relation intime avec la société de Hongkong et sans exception ont déjà produit de nonbreux ouvrages sur ce sujet. En lisant cette collection, nous serons au courant des échanges sino-étrangère, de la coopération entre les groupes ethniques, de l'adaptation, ainsi que le changement. Cette oeuvre nous donne un aperçu général da la société de Hongkong des années 1840s aux années 1950s sous l’angle des communautés étrangères, mais il faut faire attention que elle ne concerne pas tous les communautés étrangères.

Marie-Claire Bergère, "L'âge d'or de la bourgeoisie chinoise"

MARIE-CLAIRE BERGERE, « L’AGE D’OR DE LA BOURGEOISIE CHINOISE »


L’ouvrage « l’âge d’or de la bourgeoisie chinoise » a été publié en 1986 aux éditions Flammarion et rédigé par l’historienne et sinologue Marie-Claire Bergère, qui a enseigné à l’INALCO de 1974 à 1997. Ses travaux portent majoritairement sur les tentatives de construction du capitalisme en Chine et plus précisément sur la bourgeoisie chinoise. Parmi ses travaux les plus importants figurent par exemple « Histoire de Shanghai » et « Sun Yat sen », œuvres publiées respectivement en 2002 et 1994 aux éditions Fayard, ou encore « La République populaire de Chine de 1949 à nos jours », publié en 1989 aux éditions Armand Colin. L’ouvrage que nous allons analyser, riche en ressources cartographiques et en enquêtes sociologiques, vise à démontrer que la bourgeoisie chinoise tente de s’affirmer en « classe pour soi » dans la période qui s’étend de 1910 à 1937.

Marie-Claire Bergère explique dans une première partie pourquoi le capitalisme en Chine n’est pas apparu avant le XXème siècle. Bien que la Chine connaisse une croissance rapide et que sa productivité agraire dépasse les niveaux atteints en occident dans la même période, elle ne pratique pas le dirigisme d’Etat comme en Allemagne ou au Japon. Si une réforme constitutionnelle est menée en 1908, la prise en main par l’Etat est un échec. Les nouvelles structures urbaines prennent source dans une société où se mêlent des intérêts divergents, allant de ceux des sociétés secrètes en passant par les lettrés, l’appareil bureaucratique et le monde rural.

Dans la deuxième partie, l’auteur insiste sur le fait que seule la situation économique internationale, permet à la bourgeoisie chinoise de profiter d’un début d’industrialisation. La Première guerre mondiale entraine une forte demande en matières premières dont la Chine dispose. L’essor de la bourgeoisie est alors favorisé par un accroissement des capitaux et par une finance organisée sur des relations personnelles, notamment les qianzhuang. Selon l’auteur, les contributeurs de ce système financier archaïque sont variés, allant des compradores aux marchands d’opium en passant par les teinturiers. Marie-Claire Bergère rompt avec l’approche de l’historiographie chinoise et plus largement l’approche marxiste, qui a considéré qu’il existait une dichotomie entre « bourgeoisie nationale » et compradores. Elle considère au contraire que les frontières entre les acteurs du nouveau capitalisme chinois sont poreuses. Marie-Claire Bergère dresse ensuite le portrait sociologique de la bourgeoisie chinoise, qui commence à se distinguer des élites proches du pouvoir.  Elle choisit de travailler davantage sur Shanghai, où cette bourgeoisie prend la forme la plus avancée. Elle explique que les marchands et les compradores se différencient très tôt des propriétaires terriens, ces derniers restant liés au pouvoir central. Aidés par la suppression du système du concours mandarinal, la bourgeoisie chinoise parvient à s’organiser en syndicats patronaux, à ouvrir des chambres de commerce. La logique l’avidité économique commence à se substituer à celle d’une simple préservation d’intérêts de guildes. Dans le chapitre 4, il est question des années 1920, qui marquent l’époque où la bourgeoisie chinoise est autonome et n’a plus besoin d’entrer dans la bureaucratie pour faire des affaires.  La communauté d’affaires de Shanghai bénéficie des associations régionalistes des « huiguan », qui recrutent sur la base de l’origine géographique commune et sur des bases familiales. Des parcours individuels sont ainsi analysés par l’auteur.

Dans la troisième partie, Marie-Claire Bergère tente d’expliquer l’autonomisation de la bourgeoisie chinoise par un échec de la République. Elle considère que Yuan Shikai s’appuie sur une conception militaire et dépassée : Il est incapable d’être le Bismarck ou l’empereur Meiji dont la bourgeoisie a besoin. Après sa mort en 1916, le 4 mai 1919 la bourgeoisie rejoint le mouvement des étudiants et des ouvriers pour exiger une indépendance nationale et les libertés individuelles. L’auteur aborde la question de la reprise en main du pouvoir par le Guomindang, qui marquerait la fin de l’âge d’or de la bourgeoisie chinoise, en tant que classe autonome. Les luttes de factions entre une bourgeoisie effrayée par le communisme et les petits marchands dont l’influence est trop faible, expliquent selon l’auteur l’affaiblissement de la bourgeoisie face à Chiang Kai-shiek. Canton sert de banc d’essai à ce qui deviendra la stratégie du gouvernement de Nankin : les nationalistes y éliminent les milices marchandes et les communistes en janvier 1927.

Dans l’épilogue, Marie-Claire Bergère rappelle les divergences existant sur l’histoire de la bourgeoisie pendant la décennie de Nankin.  La plupart des historiens considèrent cette période comme l’âge d’or d’un capitalisme d’Etat. Mais les historiens chinois considèrent plutôt qu’il s’agit d’un capitalisme bureaucratique au service de grandes familles, s’inscrivant dans une continuité d’un régime semi-féodal. L’auteur rappelle que le Guomindang centralise le pouvoir économique. Beaucoup de concessions sont restituées, le gouvernement procède à l’abolition du lijin au profit de nouvelles taxes et reprend le contrôle de la monnaie. En 1935 on assiste à des nationalisations.

Pour conclure, l’auteur cherche à démontrer que la bourgeoisie chinoise a tenté de se passer de l’Etat, incapable d’assumer son rôle sous une forme démocratique. C’est par dépit, lorsque la menace communiste advient et que le Japon envahit Nankin, que la tentation autoritaire est acceptée par la bourgeoisie. Son « âge d’or » fut donc bref et incomplet. L’ouvrage de Marie-Claire Bergère permet de rompre avec une lecture universelle de l’essor du capitalisme. En Europe et au Japon, l’Etat a accompagné le développement du capitalisme alors qu’en Chine, la bourgeoisie finit toujours par composer avec la constante bureaucratie de l’Etat. On y apprend en clair que l’affirmation de la bourgeoisie prend des formes très différenciées entre l’Europe et la Chine.



Michelle T. King « Between Birth and Death: Female Infanticide in Nineteenth-Century China »

Compte rendu de lecture

Michelle T. King « Between Birth and Death: Female Infanticide in Nineteenth-Century China » Stanford, Stanford University Press, 2014.

Diplômé des Universités Stanford et Berkeley ainsi que professeur d’Histoire en Caroline du Nord, Michelle King concentre ses recherches sur des thèmes tels que le genre humain, le colonialisme et l’impérialisme. Dans cette œuvre elle s’intéresse à la perception et la pratique de l’infanticide féminin dans la Chine du XIXe siècle.

Dans cette œuvre la question centrale présentée est la suivante : A quel moment et par quels procédés l’infanticide féminin est devenue « Chinois » ?

Tout d’abord l’auteur nous fait partager des histoires d’infanticide sous plusieurs angles. D’abord avec le poète Su Shi et la femme Ye qui en font l’expérience. Su Shi est choqué de la pratique et la femme Ye qui doit subir une existence de femme et qui se retrouve devant ce choix : est-ce que je veux vraiment donner cette vie à ma fille ? La société chinoise préfère les garçons qui pourront perpétuer la lignée familiale aux filles qui n’auront pas d’utilité pour leurs parents plus tard.

Mais alors si hommes et femmes manifestent un tel rejet de la pratique, pourquoi persiste-t-elle ? Michelle Kang nous fait comprendre que depuis toujours l’infanticide féminin est considéré comme un problème en Chine. On apprend alors tout le travail mis en œuvre par les élites masculines comme Yu Zhi, lettré qui consacrera une grande partie de sa vie à rétablir « une morale » en Chine à travers des livres de moral, chansons, poèmes, appel à l’action des autres lettrés et du gouvernement jusqu’à la création d’orphelinat. Un des points pertinents soulevés par Michelle Kang est la perception du problème de l’infanticide féminin en Chine. Les livres de morale ne sont pas des livres réservés aux histoires sur l’infanticide mais comprennent toutes les valeurs morales à respecter pour l’époque ; l’infanticide est un problème comme un autre.

Vient ensuite la participation occidentale sur le sujet. Celle-ci se fait notamment à travers un œil et un comportement impérialiste qui condamne ce qui est différent ou fait différemment. Michelle Kang nous rappelle à juste titre que l’infanticide est toujours une pratique d’actualité dans les pays européens à l’époque. Les Occidentaux produisent alors des écrits placés sous leur point de vue et destinés à d’autres Occidentaux. Se construit alors cette image faussée de la culture chinoise qui donne à l’infanticide féminin cet aspect exclusivement chinois. Cette connotation chinoise de l’infanticide féminin est toujours présente car elle a été entretenue par des œuvres telles que  L’Infanticide et L’œuvre de la Sainte-Enfance en Chine de Gabriel Palatre (1978). L’organisation de la Sainte-Enfance aura utilisé l’infanticide Chinois comme un « appel à la bonté chrétienne » et pour justifier ses missions pour convertir les chinois. À travers les Annales de l’œuvre de la Sainte-Enfance le monde entier peut alors lire les actions prises par les chrétiens pour combattre l’infanticide en présentant les missionnaires comme des héros, les enfants comme des victimes et les parents chinois comme des monstres.

L’auteur ne veut pas supprimer l’impact de l’Occident sur le combat de l’infanticide en Chine mais le remettre dans son contexte. La Chine n’a pas attendu les étrangers pour remédier à l’infanticide féminin et autres maux de sa société. La rencontre avec les Occidentaux a permis aux chinois de puiser dans leur culture et leurs savoirs et de se réapproprié les éléments compatible à la culture chinoise. C’est grâce à ce choc des cultures que la Chine a pu disposer de plus d’outils pour combattre cette pratique. Les débats sur les mesures de contrôle des naissances, les tentatives de réformes pour protéger les femmes, la loi de l’enfant unique et toutes ces mesures découlent d’actions chinoises et non Occidentales.

Cependant, malgré des progrès techniques, sociaux et moraux ; cette préférence pour les garçons reste bien réelle en Chine. Les avortements sélectifs et le nombre d’hommes par rapport aux femmes restent  inégaux. Mais l’auteur nous met en garde ; considérer la question seulement à travers des chiffres et statistiques, transformant ainsi « l’individu dans toute sa complexité » en population revient à déshumaniser cette prise de décision, à déshumaniser les Chinois. Finalement une question reste sans réponse : comment donner une chance aux petites filles de vivre ?


Dans cette œuvre l’auteur parvient avec habileté et justesse à contextualiser les sources historiques. La bibliographie très diversifiée rend le texte très pertinent et complet sur le sujet. Tous les aspects de l’infanticide sont pensés, réfléchi et basés sur des documents historiques très divers ; l’économie, la situation politique et morale, la place des femmes, la religion. Ainsi, l’auteur nous fait revivre ces cycles de l’histoire chinoise du shanshu (livre de morale), shanren (personne bienveillante), shanju (jeu/pièce moral) au shanzhong (amélioration santé humaine) avec toutes les clés en main. S’il y a une critique à faire sur l’ouvrage ce serait probablement sur le manque d’écrit de mains féminines mais comme l’auteur l’explique au début de l’œuvre ; les hommes sont les lettrés et par définition c’est à eux qu’incombe la tâche d’écrire.

Compte rendu de lecture

M.C. Bergère, L'âge d'or de la bourgeoisie chinoise, Paris, Flammarion, 1986, 370 p .
 
Marie Claire Bergère est une historienne et sinologue française. Ses recherches portent principalement sur l'histoire de la Chine urbaine au 20ème siècle, sur la bourgeoisie chinoise ainsi que sur le capitalisme en Chine. Cet ouvrage est la continuité de sa thèse de doctorat soutenu en 1975 et intitulée « Les problèmes du développement et le rôle de la bourgeoisie chinoise : la crise économique de 1920-1923 », qu'elle avait dans un premier temps renoncé à publier. Elle a par la suite remanié et étoffé son travail, et a pris soin de dérouler son analyse chronologiquement, afin de mettre en évidence les ruptures et les continuités de l'histoire.

Cet ouvrage publié en 1986 traite essentiellement des transformations de la classe bourgeoise en Chine de la fin du 19ème siècle jusqu'à la création de la République Populaire de Chine, ainsi que des contextes sociaux, économiques et politiques dans lesquels ces transformations se déroulent. Il traite également des différents rôle de l’État sur cette même période, en soulignant ses succès, ses échecs et ses défaillances.
L'auteur montre comment la classe marchande chinoise va peu à peu au 19ème siècle se consolider en un nouvelle élite urbaine, et ce malgré une bureaucratie au fort pouvoir qui tentera d'en limiter l'influence. Cette classe marchande va alors participer activement à la gestion des administrations locales, notamment en s'organisant en huiguan1 (« amicales régionalistes ») qui vont étendre leur rôle à la communauté entière. Cependant la distinction entre la classe marchande et la classe bureaucratique, dont les champs d'action et de décision diffèrent, reste très marquée.
Marie Clair Bergère décrit d'autre part la défaillance de l’État chinois face aux besoins de modernisation à la fin du 19ème siècle, la tradition confucéenne n'encourageant pas l'intervention de l’État dans le domaine économique. L'ouverture forcée de la Chine précipite son intégration dans le système capitaliste mondial et en fait alors un pays « sous-développé ».
Mais tout s'accélère au début du 20ème siècle grâce aux investissements étrangers, qui ont joué un rôle essentiel dans la naissance du secteur moderne selon l'auteur.

Le développement économique du secteur moderne ainsi que des grandes villes côtières accélèrent les transformations sociales esquissées au cours des siècles précédents, de nouveaux groupes sociaux apparaissent tandis que l'élite urbaine déjà existante prospère et se diversifie. Au sein de ces groupes se développe une prise de conscience sociale et politique, sur la base de valeurs nouvelles telles que le modernisme et le nationalisme.
Après l'ouverture des ports et le renouveau de la « Chine maritime », l’État tente d'encourager le rapatriement des capitaux des chinois d'outre mer.2 La loi du profit commence à concurrencer les valeurs confucéennes. Les fonctionnaires et la gentry veulent également profiter de ces nouvelles occasions d'enrichissement, on voit alors apparaître des « mandarins-entrepreneurs ». L'intégration de cette nouvelle élite urbaine est encouragée officiellement, notamment par un édit impérial en avril 1903 qui déclare « ne tolérer aucune séparation [entre marchands et mandarins] ».

Après la révolution de 1911 on constate que la classe marchande va dans certaines municipalités pallier à la vacance du pouvoir centrale et à la défaillance des fonctionnaires locaux, et ainsi prendre en main la gestion de leurs cités. Gentry et classe marchande coopèrent afin de maintenir un ordre social.
De plus, le rétablissement d'un gouvernement central en 1927 marquera le début du déclin de l'influence et du pouvoir de la classe bourgeoise. La campagne des Cinq-Anti de Mao fini de lui ôter son rôle économique et son prestige social.
Il faudra attendre la politique économique mise en place par Deng Xiaoping pour voir ressusciter l'initiative privée et amener les entrepreneurs à jouer de nouveau un rôle important dans le développement de la Chine.

Ce livre permet de découvrir comment s'est développé le capitalisme en Chine, notamment à travers de nombreux exemples de succès ou d'échecs d'entrepreneurs, et l'importance des relations sociales dans la structuration des communautés d'affaires. En effet le développement de cette bourgeoisie moderne s'est fondé avant tout sur les relations familiales et les solidarités provinciales ou locales, elle a donc conservé les valeurs traditionnelles pour les mettre au service d'objectifs nouveaux.
Néanmoins le livre est très axé sur l'aspect économique, ce qui en rend la lecture assez difficile et assez peu agréable. 

 
1Dans les grandes villes telles que Shanghai, les marchands originaires d'une même région se regroupe en huiguan (« amicales régionalistes ») créant ainsi un réseau de relations et d'entraide des marchands de même origine géographique.
2Plus particulièrement les capitaux des chinois d'outre mer des Nanyang (« Pays des mers du Sud »), c'est à dire des chinois partis s'installer dans des pays d'Asie du Sud-Est et qui y ont fait fortune.

Compte rendu de lecture: Between birth and death: Female infanticide in Nineteenth Century China

Michelle T King, Between Birth and Death: Female Infanticide in Nineteenth-Century China, Stanford California, Stanford University Press, 2014, 250 pages.

Michelle T King, professeur dans le département d’histoire de l’université de Californie. Elle centre ses recherches principalement sur les histoires culturelles de la Chine au XIXe et XXe siècles. Dans ce livre l’auteur traite comme sujet l’infanticide féminin au XIXe siècle en Chine, pour l’écriture de ce livre l’auteur cite tous les lieux qu’elle a dû visiter dans le cadre de sa recherche et les personnes l’ayant également aidé pour son travail. Cette information peut nous permettre de croire en ses sources et son travail.

A travers ce livre l’auteur aborde le sujet d’une manière différente, elle décide de concentrer son étude sur la « perception » de cet acte plutôt que sur la « pratique » en elle-même. Elle veut essayer de comprendre pourquoi les familles commettaient ce geste à l’époque.
Dans la première partie du livre l’auteur raconte l’histoire de Ye, une mère qui s’est retrouvé dans l’obligation de noyer sa fille car son foyer ne pouvait assumer la venue d’une jeune fille et de toutes les contraintes qu’elle apporte comme la dote. Dans cette partie l’auteur nous permet de comprendre le point de vue d’une femme à l’époque et nous demande plus de comprendre sa vision plutôt que de critiquer son acte en fonction de notre temps. L’auteur aborde aussi dans ce chapitre les différents facteurs poussant la femme à tuer sa fille nouveau-née, comme la pauvreté ou encore la pression familiale de donner naissance à un garçon pour perpétuer la lignée. La mère se voit dans l’obligation de mettre fin au jour de sa fille ou de donner l’ordre de le faire à la sagefemme, elles sont plutôt « à plaindre qu’à blâmer » nous dis l’auteur à la page 26. On peut aussi retrouver dans ce chapitre les différentes personnes tenus pour responsable de l’infanticide comme la belle-mère ou la sagefemme. Ce passage permet de faire transition sur le thème abordé dans le second chapitre, la lutte des lettrés contre l’infanticide. En effet certains lettrés comme Yu Zhi ont fait de l’infanticide un acte immoral et punis par le karma. Ecrire des essais ou des mises en scène sur le sujet pourrait permettre à des familles de ne pas tuer leur fille et recevoir une récompense divine, les écritures étaient dédiées aux hommes car ils avaient le dernier mot sur la destinée du nourrisson. Des officiers aussi ont condamnés cet acte comme Ouyang Yongqi en 1772 pour éviter l’assassinat des filles et pas seulement la peur d’une punition divine. Pour illustrer ses propos on retrouve souvent des textes, essais, poèmes ou illustration datant de l’époque étudier quand il est nécessaire. 
Après voir étudier la perception de l’infanticide en Chine, l’auteur cherche à comprendre en quoi l’infanticide est plus important en Chine que dans les autres pays. Pourquoi le phénomène est devenu exclusivement chinois ? Dans les derniers chapitres elles répond à cette problématique en analysant les essais des missionnaires européens en Chine. Les missionnaires se basaient seulement sur les textes occidentaux pour traiter du sujet en Chine, ou selon des suppositions. En effet ils ont été témoins de nombreux corps à l’abandon ou dévoré par les animaux, ces corps étaient, selon eux, la preuve de l’infanticide sauf qu’à l’époque les enfants n’avaient pas l’honneur d’être enterrés mais seulement jetés dans la nature. Les européens ont décrit la scène sans aune informations sur les réelles circonstances de la mort de ces enfants. Pour finir son œuvre l’auteur nous montre comment plus tard dans l’Histoire il n’y a pas vraiment d’infanticide, cette pratique s’est transformée en sélection des sexes avec l’avortement ou le choix aux familles d’avoir un garçon grâce à la science.

Ce livre aborde un sujet très intéressant qui en l’infanticide féminine et l’aborde d’une façon différente que celle connus jusqu’à présent. L’analyse se base surtout le point de vue de différentes personnes, différents acteurs sur le sujet. Le fait que l’auteur autant de point de vue différents permet au lecteur de comprendre vraiment tous les aspects de ce sujet assez complexe et difficile à traiter. On aurait pu s’attendre à ce que l’auteur prenne parti dans son analyse en tant que femme mais au contraire elle mène une recherche qui reste neutre. Bien que le sujet traite de l’infanticide en Chine les comparaisons avec l’occident et les point de vus des occidentaux apportent une touche plus globale et elles réussi à démontrer que ce phénomène n’est pas seulement chinois.

Cependant certains exemples, qui sont présent pour accentuer son argumentation, peuvent troubler le lecteur. Je veux dire par là que certaines illustrations sont mises en plein milieu d’une description, qui sont parfois très longues et détaillées, et il est difficile de se restituer dans l’argumentation juste après l’analyse d’un dessin.