Thursday, November 30, 2017

On The People's Democratic Dictatorship, Mao Zedong (1949)

Ce document est un extrait de l’essai On The People’s Democratic Dictatorship de Mao Zedong. Publié en 1949, l’auteur explique les fondements qui doivent donner naissance à la « New Democracy », c’est-à-dire le système mit en place au début de la république populaire. Cet extrait en particulier expose cette combinaison singulière d’éléments dictatoriaux et démocratiques, qui selon Mao est nécessaire à une future « Great Harmony ».

Mao débute en mettant en lumière l’avancement, supposément, réalisé par le CCP. Cet avancement, décrit en termes élogieux de « tremendous advances » qui ont « radically changed the face of China », ont permis de former deux fronts : un front en Chine avec l’union du prolétariat, de la paysannerie et de la bourgeoisie et un front à l’international avec les peuples d’autres pays, particulièrement l’Union Soviétique. En appuyant sur cette notion d’unité, Mao donne l’impression que le CCP a un rôle fédérateur, qu’il regroupe toutes les atteintes de plusieurs classes et qu’il est donc réellement la voix du peuple.

Dans les paragraphes suivants, Mao répond à des critiques qu’a pu recevoir le parti et ses réponses donnent une explication de ce qu’implique cette dictature démocratique.

La première critique est « You are leaning to one side », ce à quoi Mao répond que choisir un seul côté, un seul bord est la seule solution si l’on veut atteindre la victoire. Selon lui, chaque Chinois doit choisir un bord et il n’en existe que deux : le socialisme (le bord du CCP) ou l’impérialisme (le bord du GMD). A nouveau, Mao affiche une vision manichéenne : le socialisme est la voie du parti et tout ce qui n’est pas socialiste est impérialiste, il n’existe pas d’entre ni de « troisième voie » (comme dans son rapport au Hunan, une vision en noir et blanc, ici la diabolisation de l’impérialisme/du GMD est plus implicite). L’utilisation de la métaphore de la « clôture » (« fence ») entre les deux renforce cette vision tranchée et une certaine agressivité peut se dégager lorsqu’il précise que le CCP s’oppose aux impérialistes et à ceux d’une « troisième voie ».  

A « You are dictatorial », Mao admet l’être. Cependant, il avance qu’il s’agit d’une dictature par et pour le peuple : la démocratie est pratiquée au sein du peuple mais les « reactionnaries » ne peuvent pas en bénéficier (on note ici la dénomination « reactionnaries » très négative). Mao fait ici une distinction entre le peuple et les autres : il exclut l’opposition, les Nationalistes, de la citoyenneté. Or, dans une démocratie, le peuple n’est-il pas supposé être l’ensemble des citoyens quelle que soit la classe sociale ou l’orientation politique ? Il explique ensuite que dans cette démocratie, ce « peuple » profite, entre autres, de la liberté d’expression. Cependant, n’est toléré aucun autre esprit/position que ceux dictés par le parti (on se souvient de la campagne de rectification de 1942-1944), on a ici une contradiction.

Ainsi, Mao tente de justifier une dictature du peuple afin de mettre en place une démocratie et atteindre un pays socialiste et communiste sans classes sociales, il est convaincu d’avoir un « droit moral » d’exercer une dictature pour le peuple. 



Wednesday, November 29, 2017

Mao Zedong People's democratic dictatorship

   Ce document est une traduction d'un extrait de On the People's democratic dictatorship, écrit par Mao Zedong en 1949. Cette traduction est faîte par J.Mason Gentzler dans son oeuvre Changing China: Readings in the History of China from the Opium War to the Present, publiée en 1977. Ce discours a été donné proche de la fin de la guerre civile chinoise.Dans cet essai Mao Zedong explique la juxtaposition de la démocratie et de la dictature. Il essai d'encourager et de convaincre le peuple à rejoindre et soutenir le mouvement du Parti communiste. Il essai aussi d'établir un

Mao Zedong commence donc son discours en louant les accomplissements du Parti communiste au cours des dernières années. Celui-ci aurait fait d'énormes avancées et aurait radicalement changé l'image de la Chine, aussi le peuple chinois aurait gagné double en expérience. Intérieurement, en unissant la classe ouvrière, paysanne, la petite bourgeoisie, ainsi que la haute bourgeoise; en établissant un état sous une dictature démocratique populaire sous la direction de la classe ouvrière et basé sur l'alliance des ouvriers et des paysans.  Puis Extérieurement: en s'unissant avec les nations du monde qui traitent la Chine comme égal.

Ensuite, se succèdent trois paragraphes différents, commençant tous par une phrase de reproche/critique faîte au Parti. Mao Zedong se justifie donc et essai de faire changer d'avis les personnes étant encore retissant à joindre le mouvement.
La première critique est " Vous penchez trop d'un côté", la signification ici, et que le parti est souvent qualifié d'extrême gauche, et Mao approuve ce fait, mais le justifie en disant que l’expérience de Sun Yat-sen et du Parti communiste leur a appris à pencher d'un côté. Et qu'il sont convaincu que ceci est nécessaire pour obtenir la victoire.
La suivante est " Vous êtes trop directionnel", à cela Mao explique que c'est le cas, et que c'est afin d'éviter de laisser la parole aux réactionnaires.
La dernière critique est " Ne voulez-vous pas abolir le pouvoir d'état?" , ce à quoi il répond que en effet c'est le but du Parti communiste, mais que ce n'est pas un objectif immédiat car il faudrait d'abord éliminer l'impérialisme en Chine, ainsi que les classes de différents statut social.

A travers ce discours, Mao Zedong essai donc de démentir toutes les critiques que les réactionnaires auraient pu émettre à son sujet. Le message qu'il veut faire passer est "voici mes projets, il n'y a pas de meilleure solution"

Monday, November 27, 2017

Mao Zedong : Intervention aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan − mai 1942

     Le texte est un extrait de discours prononcé de Mao Zedong Intervention aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan en mai 1942 à Yan'an dans lequel il explique les enjux de la lttétature et l'art poure qu'ils puissent encourager le peuple dans la révolution.

     Bien que déjà resolue par Lénine, la question de qui servent-ils la littérature et l'art est appelée à nouveau par Mao Zedong, car selon lui, la solution n'est pas encore précise ni clair parmis les écrivains et artistes. A l'époque de la révolution, Mao prend la littérature et l'art comme une armée culturelle, autant importante qu'une vraie armée, ainsi elles doivent toucher les besoins des masses et favoriser la lutte pratique antijaponaise. Seulement au service des larges masses populaires peut l'armée de la plume accomplir cette tâche historique. Classant la littérature et l'art selon l'échelle sociale de leur dirigeant, Mao indique l'existance de celle de féodalisme et d'impérialisme, contraire du thème de temps et révéler sa détermination d'éliminer ces énnemies. Il propose aussi des moyens pour la création des oeuvres littéraires et artistiques -- refaçonner les formes du passé, maintenir les meilleurs éléments de la tradition ainsi que de l'étranger, où on peut sentir son esprit d'ouverture. A la fin, il expique la composition des larges masses populaires : les ouvriers ou le polétariat, la classe dirigeante dans la révolution; les paysans, les ouvriers et paysans armées, aussi la petite bourgeoisie urbaine.

      Mais dans son discours se trouvent en ce même temps des paradoxes. Il confirme la grande luttes pour la libération alors qu'il met un frein à la création de la littérature ou de l'art. Cette liberté signifie plutôt liberté nationale mais non personnelle, tout comme l'idée de Sun Yat-sen exprimée dans Trois Principes du Peuple. Sans discuter de la relation entre la liberté nationale et personnelle, une question assez philosophique, Mao, semble-t-il, a oublié s'il y a des arts purs, à travers desquels les artistes n'expriment que leur sentiment ou l'esprit individuel, n'ayant aucune de référence à l'idéologie sociale ? Pourquoi faut-il que toutes les oeuvres artistiques s'adressent au but politiquet ? ou encore comment distinguer l'art et la littérature de féolisme ou impérialisme ? En plus, est-ce que les ouvriers dont la plupart moins éduqués, sont capables de diriger la littérature et l'art ? Cette intervention n'abîme pas la diversité et la pureté de la littérature et l'art ? Est-ce que la révolution peut se poursuivre d'une autre façon sans les sacrificier ? En fait, une politique de ce genre est un synonyme de contrôle.

      Dans son  propos, Mao estime la direction de la littérature et l'art dans le PC et essaie de mobiliser toutes les forces pour lutter contre le Japon et le féodalisme, le sujet de cette époque-là. Cependent le goût de l'exclusivisme rend ses propostions imparfaites.


Sunday, November 26, 2017

Mao Zedong : Intervention aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan

Le texte est un extrait du discours de Mao Zedong prononcé à la base communiste de Yenan en mai 1942. Dans ce contexte, le PCC s’est retranché dans la province du Shaanxi après la « longue marche ». Mao lance la « campagne de rectification », qui dure de 1940 à 1942, et lui permettant de renforcer son pouvoir sur le parti communiste en mettant en minorité les « gauchistes » proches des soviétiques. Dans ce discours, il s’inscrit dans la conception léniniste de la culture, qui transpose la lutte des classes au monde de la culture.


Mao Zedong considère que l’art et la culture sont des outils au service d’une classe sociale. Il condamne le fait que certains de ses « camarades des bases antijaponaises » n’ont pas intégré ce principe. Pour Mao, le parti doit pouvoir éduquer les masses, se placer à l’avant-garde de leur émancipation, comme le considère Lénine. L’art et la culture font partie de cette éducation, et ne doivent pas être appropriés par les « classes possédantes et exploiteuses », qui utiliseront l’art et la culture pour empêcher la révolution. En clair, la culture doit permettre de sortir le peuple de l’ordre ancien et de renverser les traditions confucéennes et de « repousser les impérialistes ». Un autre aspect de la conception maoïste est celui d’une certaine ouverture de la notion de peuple. A la différence des soviétiques, Mao considère que le prolétariat ouvrier n’a pas le monopole pour guider la révolution. Il propose le concept de « masses populaires », qui comprend autant le prolétariat que les paysans, ainsi qu’une partie de la petite bourgeoisie urbaine. Cette inclusion de catégories qui sont considérées comme contre-révolutionnaires par les communistes soviétiques, est permise dans la mesure où prévaut le volontarisme et dans la mesure où elle n'est que de circonstance. Mao utilise un vocabulaire et une rhétorique militaire : les « masses populaires » doivent pouvoir être armées, c’est le sens de l’armée populaire, et éduquées par une culture révolutionnaire.

Mao Zedong : Intervention aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan − mai 1942

Ce document est un extrait de l’allocution prononcée par Mao Zedon : « Intervention aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan » en mai 1942.   À cette date, Mao a surclassé ses rivaux et occupe la première place dans le pouvoir communiste

Entre 1942 et 1944 le PCC exerce le mouvement de rectification de Ya’an il est facile de déceler dans ce discours le désir du partit de tenir les intellectuels sous contrôle.  

Mao fait la différence entre deux littératures : une littérature « au service des exploiteurs et oppresseurs » et une littérature qui devrait servir l’Etat, comme le suggère aussi Lénine, en l’occurrence la cause révolutionnaire défendue par le PCC. Pour la première, Mao fait référence aux lettrés au temps de l’ordre impérial dont la littérature était au service des propriétaires terriens. On sent d’ailleurs le désir de Mao de diaboliser la féodalité (le mot « féodal » est répété trois fois en l’espace de quatre lignes) et tout ce qui est à son service et ce afin de toucher son peuple majoritairement paysan.

Mais résumer une littérature féodale à une littérature qui a eu lieu pendant l’exploitation du peuple par les propriétaires terriens, c’est remettre en cause 2000 ans de littérature. Dire que la littérature ne doit être qu’au service du PCC c’est aussi oublié le propre passé du PCC avec entre autres Chen Duxiu qui était en perpétuelle rébellion contre le régime en place.

S’ensuivent alors quatre grandes parties où sont déclinées les thèmes majeurs des Causeries : qui servir ? Comment servir (élever le niveau ou populariser) ? Quelles doivent être les relations avec le Parti, en son intérieur comme avec ses relations extérieures ? Pourquoi le développement de la critique littéraire est-il indispensable ? Au total donc, nous avons affaire, pour le moins, à des « suggestions » de travail très directives…

Par son discours, Mao souhaite balayer la culture littéraire et artistique chinoise et la remplacer par une au service du communisme. Au moyen du concept de la "ligne de masse" il entend la faire passer pour une littérature qui sert les élites oppressantes, et ainsi obtenir le soutien  de la classe paysanne.  Avec l’augmentation de la censure, et la réduction des libertés, le mouvement de rectification de Ya’an s’inscrit dans une politique dictatoriale du PCC. 

Saturday, November 25, 2017

Mao Zedong : Intervention aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan − mai 1942

Le document est un discours d’ouverture prononcé par Mao Zedong en mai 1942 à Yenan (ou Yan’an). Il aborde ici l’enjeu de la littérature et de l’art dans le mouvement révolutionnaire communiste.

Dans son introduction, Mao explique que l’art doit s’intégrer complètement dans le « mécanisme général de la révolution ». Il compare la culture à une arme et peint un parallèle militaire : « le front de la plume et le front de l’épée » ou « une armée de la culture ». On trouve également une justification de la révolution avec un aspect héroïque (« la tâche de la libération nationale accomplie » et « la libération du peuple chinois »), rhétorique trouvée dans d’autres documents de Mao. Enfin, on note que s’il considère la culture comme une arme pour les Communistes, il pointe du doigt qu’elle est utilisée chez ses ennemis. Ainsi, la culture féodale est une arme de la « vieille » Chine, la Chine traditionnelle et Confucianiste et la culture compradore, celle de l’Occident envahisseur et capitaliste. Selon ces propos, on comprend implicitement que pour Mao, la culture est toujours porteur d’un message idéologique/politique et son point de vue ignore la possibilité d’un art purement esthétique et supprime l’aspect privé ou individuel de l’art.

Dans son développement, l’auteur explique que, même si les artistes révolutionnaires sont nombreux, ils ne sont pas tous intégrés au mouvement et ce, à cause de cinq problèmes. Le premier est la « position de classe » : chacun doit suivre l’esprit/la politique du CCP, la « position juste ». Ici, le caractère idéologique est renforcé ainsi que la dictature mentale : rien n’est juste en dehors de ce que choisit le parti. Le deuxième est l’attitude, c’est-à-dire comment l’artiste doit réagir face à certaines personnes et à quoi doit servir son art. Envers les « ennemis », il doit « dévoiler leur cruauté, leurs mensonges ». Envers des alliés divers, il doit féliciter leurs victoires mais également critiquer. Et enfin, envers les masses populaires, il doit glorifier leur résistance et éduquer, servir de guide bienveillant aux membres pas encore tout à fait bien « conditionnés ». Mao décrit une ligne de conduite très précise à adopter. Le troisième problème est le public : l’artiste doit savoir qu’il s’adresse à des ouvriers, des paysans, des soldats et des cadres révolutionnaires. Il doit connaître réellement son public, la réalité d’une classe sociale pour pouvoir résoudre le quatrième problème, celui de produire un travail adéquat. En effet, la connaissance du public permet un travail qui fera écho à ce public, qui aura donc un véritable impact. Enfin, le cinquième est celui des études. En lien avec son idéologie, Mao considère qu’ils doivent avoir une bonne connaissance du Marxisme-Léninisme sans quoi ils ne comprendraient pas les changements sociaux/politiques.


En conclusion, Mao considère que l’art/la culture sont des éléments importants d’une révolution. Il définit une fonction stricte à l’art et de ce fait, le prive du caractère esthétique et de cette liberté d’expression souvent associée : « toute forme d’art qui ne sert pas l’Etat, donc le CCP, n’a aucune valeur, est un mauvais art ». 

毛澤東:在延安文藝座談會上講話 (1942年5月)



Le texte est extrait d’un discours de Mao Tsé-Toung en 1942, définissant la conception de l’art littéraire selon les classes sociales, et les enjeux de la littérature. 

En 1905, Lénine avait déjà répondu à la question “à qui s’adresse la littérature ?”. Selon lui, la littérature devait s’adresser à la masse populaire. En 1942, depuis Yan’An, Mao reprend cette question et sa réponse, qualifiant en premier lieu la littérature de l’époque, et apportant ensuite une définition de la masse populaire. Ce n’est qu’après cela qu’il définit la conception de la littérature qui correspondrait le mieux à la masse populaire. 
À l’époque où le texte est écrit, la littérature est, selon Mao, celle des propriétaires terriens, et par extension, celle du féodalisme. Elle est dominée par une classe sociale qui se bat contre la révolution, et est donc “la littérature de l’impérialisme”. Or, selon les chiffres avancés dans le texte, la population totale de la Chine est constituée à plus de quatre-vingt-dix pour-cent de paysans, d’ouvriers, de forces armées pour la libération et de petite bourgeoisie urbaine. Cette dernière catégorie semble être considérée comme alliée de la révolution. C’est donc à ces quatre catégories, qui forment ladite masse populaire, que la littérature doit s’adresser. 
Pour ce qui est de la petite bourgeoisie, la position de Mao Tsé-Toung ne leur est pas entièrement favorable. Aussi, il précise qu’il n’y a “aucun homme dans [les rangs du communisme] qui n’accorde davantage d’importance à la petite bourgeoisie qu’au prolétariat”. Cette classe sociale, étant elle-même, en comparaison aux ouvriers, paysans et soldats, une catégorie privilégiée, serait incapable de servir véritablement le prolétariat, et les oeuvres artistiques de bon nombre d’entre eux ne font que soutenir une idéologie égoïste et ne se souciant que des petits bourgeois. 

Lorsque l’on entend parler de Mao et de la littérature, la première pensée qui nous vient reste l’autodafé ; ce discours parle en fait de “refaçonner les formes littéraires du passé, [pour] les mettre au service du peuple”.  L’art fait donc partie, selon ce texte, des principales composantes de la cultures et du pays dans sa globalité à mettre entre les mains du prolétariat.

Talks at the Yan'an Forum on Literature and Art

Cet extrait est issu du texte intitulé « Talks at the Yan'an Forum on Literature and Art » , c'est une traduction d'un discours de Mao Zedong prononcé en 1942 à Yan'an, ville où les troupes communistes ont établis leur capitale depuis 1936 à l'issu de la Longue Marche.

Dans cet extrait Mao pose la question de savoir à qui s'adressent l'art et la littérature, ce qui est selon lui un problème « depuis longtemps résolu par les marxistes, et en particulier par Lénine ». Il identifie deux catégories d'arts et de littérature : la première est celle des « bourgeois » ou bien encore des « traîtres à leur patrie », « au service des exploiteurs et des oppresseurs » ; la deuxième, « révolutionnaire », est au service des « larges masses populaires ».

C'est cette dernière catégorie que soutient Mao, car celle ci s'adresse au peuple, et contribue à promouvoir « la nouvelle culture chinoise (…) anti-impérialiste et antiféodale des larges masses populaires, placée sous la direction du prolétariat. »
Il indique ne pas rejeter le passé littéraire et artistique de la Chine, car celui ci pourra aussi « servir la révolution du peuple » une fois « refaçonné et chargé d'un contenu nouveau ».

Mao indique également que « parmi les nombreux hommes de culture, écrivains, artistes, et autres travailleurs littéraires et artistiques », « quelques-uns peuvent être des arrivistes qui ne resteront pas avec nous ». Ce discours à donc des airs menaçant, d'autant plus que c'est au mois de février de la même année que le Parti Communiste Chinois lança la campagne de rectification de Yan'an, qui dura deux ans et engendra la mort d'environ 10 000 personnes, le but étant de consolider le pouvoir de Mao et de contraindre à soutenir son idéologie. On peut donc voir dans ce discours un avertissement de Mao destiné aux intellectuels, les invitant à se ranger du côté du Parti Communiste et à servir à ses côtés la « grande lutte pour la libération ».

Talks at the Yenan Forum on Literature and Art, Mao Zedong 1942

Le texte étudié est un extrait de « Talks at the Yan'an Forum on Literature and Art ». C’est une traduction française d’un discours donné par Mao Zedong en mai 1942 à Yan’an. Dans ce texte il explique les enjeux de la littérature et des arts et à qui ces activités s’adressent.

Dans son discours Mao Zedong revient sur un sujet qui pour certains est déjà résolu depuis Lénine, la littérature et les arts. A qui s’adressent-ils ? Bien évidemment pour lui la littérature et les arts s’adressent « à la masse populaire ». A la différence des « camarades » anti-japonais la question n’est pas encore résolu pour lui. Les arts et la littérature doivent être mis au service du prolétariat, fait par le peuple pour le peuple. Ces pratiques sont là pour aider la masse populaire dans « sa grande lutte pour la libération ». Les principaux acteurs, « écrivains, artistes, et autres travailleurs littéraires et artistiques participant […] se consacrent de toutes leurs forces à l’œuvre commune. A travers ces mots Mao Zedong donne à ses auditeurs la réponse principale mais cette réponse l’emmène à évoquer deux autres thèmes. Le premier est celui des arts traditionnels, il est nécessaire de garder les « meilleures traditions de la littérature et de l’art chinois, il ne faut pas négliger les formes littéraires et artistiques du passé. Il suffit de les « moderniser » les « refaçonner » pour qu’elles deviennent à leur tour au service de la masse populaire.
Cependant il faut faire attention car il existe aussi des arts qui sont au service des « exploiteurs et oppresseurs ». Les personnes qu’il qualifie de tels sont les personnes issues de la bourgeoisie. Ces personnes aux idées féodales et contre le prolétariat. Pour lui ces arts n’ont que pour but la mise en avant de l’impérialisme et est contre l’art que Mao Zedong veut diffuser. Il veut rentrer dans une nouvelle ère culturelle anti impérialiste et antiféodale pour le prolétariat.

Dans cet extrait de son discours il est possible de ressentir l’envie de Mao Zedong de mettre en place une ère culturelle afin de promouvoir « la masse populaire ». Des arts accessibles à tous et fait par tous. Il s’adresse à la génération d’intellectuelle qui à travers la littérature et les arts pourront à nouveau « éprouver mille peines et difficultés et [ont] influencé les masses par leur action et par leurs œuvres » à leur tour comme l’ont fait « les camarades » actif pendant la Guerre de Résistance. Mais on peut se demander si cette volonté n’est tous simplement pas pour pouvoir répandre sa propagande dans tous les domaines et que même les intellectuels ne puissent pas remettre en cause sa pensée. En effet ils seront déjà « formater » dans tous les arts pour adhérer à Mao Zedong et son idéologie.  

Talks at the Yenan Forum on Literature and Art, Mao Zedong


”Talks at the Yenan Forum on Literature and Art, Mao Zedong” est un document qu’il s’agit d’un discours que Mao Zedong a fait dans l’Intervention aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan en mai 1942. Après la causerie, son discours a été rédigé et publié plus tard par le « Liberation Daily »

La plupart des littéraires et artistiques qui venue à Yan'an ont pleins d'enthousiasme patriotique et ont créé de nombreuses œuvres remarquables sous différentes formes. Cependant, certains ne comprennent pas l'idéologie de masse, certains se contentent de fantasmes et de discours creux, d'autres soutiennent que l'art doit être séparé de la politique et que l'art doit être supérieur à la politique. Cela rend la littérature et l'art se séparer du peuple, hors de la réalité et ne peut pas répondre aux besoins de la guerre de résistance. Donc, pendant le discours, Mao Zedong a préconisé l’intervention de la littérature et l'art dans la politique.

La première question qui est également la question la plus importante que Mao a proposé est “Qui la littérature et l’art doivent-ils servir ?” Il pense que c’est d’un sujet essentiel. selon lui, la littérature et l’art servent le peuple, c'est-à-dire, ils servent les ouvriers, les paysans, les soldats et les masses travailleuses et les intellectuels de la petite bourgeoisie urbaine. Mao Zedong a exigé que les travailleurs littéraires et artistiques "se tiennent sur le point de vue prolétarien" et "servent ces quatre types de personnes". Il a insisté particulièrement sur que "le premier est de servir les ouvriers, les paysans et les soldats" comme ils représentent les masses. C'est un symbole important de la distinction entre la littérature prolétarienne et l'art et la littérature bourgeoise.

Cette causerie a résolu le problème de la littérature et de l'art révolutionnaires qui existait depuis longtemps et a encouragé le mouvement de rectification qui avait le plus besoin dans cette époque-là. Il joue un rôle dirigeant important et exerce une grande influence sur le développement du mouvement artistique révolutionnaire chinois. Cependant, Mao Zedong a également profité de l'occasion afin de promouvoir le marxisme et de critiquer des oeuvres anticommunistes pour diffuser le concept du Parti communiste et favoriser le développement du Parti communiste au futur.

Le mouvement communiste à Yan'an


Cet extrait de texte fait partie d’un discours de Mao Zedong prononcé en mai 1942 à Yan’an, traduit par le centre Marxiste-Léniniste-Maoiste, Mao s’adresse au peuple en cherchant à savoir à qui doit servir l’art et la littérature.

Mao estime que Lénine aurait déjà trouvé la réponse à la question, ils « doivent servir…(les) travailleurs ». Selon lui, parmi la plupart des hommes d’art et de littérature qui participe « aux côtés du Parti communiste, de la VIIIe Armée de Route et de la Nouvelle IVe Armée, à la grande lutte pour la libération » se sont mis à œuvrer pour la révolution en cherchant à influencer le peuple par leur travail. L’art et la littérature sont considérés comme une armée pour Mao, au même titre que les militaires, il l’appelle l’armée de la culture. Il estime qu'on ne peut pas y avoir de révolution sans l’art et la littérature et que cela doit servir les masses populaires. Même si selon lui, tous ne sont pas au service des masses populaires. Il évoque l’art et la littérature « au service des exploiteurs et des oppresseurs », se référant alors aux propriétaires fonciers, la « Chine féodal » dont l’influence reste encore forte. Puis, l’art et la littérature bourgeois de la bourgeoisie, qui serait contre l’art et littérature prolétariens. Il considère la bourgeoisie comme celle des traitres à la patrie, alors que pour lui et son parti, l’art et la littérature s’adressent simplement au peuple.


Mao souhaite utiliser aussi bien la culture nouvelle que la culture ancienne (en refaçonnant le contenu et l’adaptant à ses idéaux), afin d’établir un héritage culturel au travers des arts et de la littérature chinoise et étrangère. Pourquoi ? Pour le mettre au service du peuple, appelé ici, masse populaire qui représente les ouvriers, les paysans, les soldats et la petite bourgeoisie urbaine qui selon lui représente 90% de la population. Bien qu’il regroupe toutes ces classes en une commune, il distingue néanmoins leur degré d’importance et leur utilité dans le mouvement. Les ouvriers dirigent la révolution, alors que les paysans y sont des alliées, la VIIIe Armée de Route et la Nouvelle IVe Armée (ouvriers et paysans armées) représentent leur force armée. Ce qui est intéressant de constater, c’est que Mao ne renie pas la petite bourgeoise (au contraire de la haute bourgeoise), il en fait ses alliées et parle de collaboration. 

Talks at the Yan'an Forum on Literature and Art, Mao Zedong (1942)

Ce texte est un extrait et une traduction du discours de Mao Zedong lors du rassemblement de Yan’an en Mai 1942, où il s’exprime sur l’utilisation de l’art et de littérature.

Tout d’abord, Mao s’étonne que certains se posent encore la question « Qui la littérature et l’art doivent-ils servir ? » alors que Lénine y avait déjà répondu. Mao débute alors son explication afin de redonner une réponse claire à ses auditeurs. Bien sûr, l’art et la littérature doivent servir les larges masses. Il fait l’éloge des artistes qui ont rejoint le PCC et qui ont réussi à « influencer les masses par leurs actions et par leurs œuvres ». Pour lui, les œuvres artistiques doivent véhiculer les valeurs du prolétariat mais également guider ces larges masses. Ainsi elles doivent servir les ouvriers, les paysans, les armées et enfin les « masses travailleuses et intellectuels de la petite bourgeoisie ».

Un autre thème abordé est l’art et la littérature « au service de l’oppresseur ». En effet, l’art en général était souvent destiné à une classe sociale plus riche. Sa seule existence est comme « contre nature » puisque pour Mao l’utilité même de l’art c’est d’être au service des masses et non de la bourgeoisie. Il prend comme exemple des artistes qui ont propagé des idées antirévolutionnaires ou qui sont considérés comme des traîtres pour s’être allié avec le Japon (voir note 2 et 3).

Enfin, Mao soulève la question de faut-il allier traditions artistiques et littéraires ou s’en défaire. Pour ce dernier, il faut bien évidemment préserver les traditions mais il précise « les meilleures traditions de la littérature et de l’art chinois et étrangers ». Les artistes se doivent de maintenir ces bonnes traditions pour servir les masses populaires.


À la lecture de ce texte on comprend bien évidemment la position assez ferme de Mao sur le sujet. L’art et la littérature sont des éléments nécessaires au développement et à la prospérité du parti. En effet, démocratiser ces arts et les rendre non seulement plus facile d’accès mais aussi dédié aux masses populaires permettent deux choses. C’est en premier lieu s’assurer la diffusion des valeurs communistes  mais également donner une ligne de conduite au peuple. Cette idée de contrôle du peuple mènera au développement de la propagande communiste chinoise.

Friday, November 24, 2017

Talks at the Yan'an Forum on Literature and Art

Le document étudié s’intitule « Talks at the Yan’an Forum on Literature and Art » donné en 1942 par Mao Zedong. Ce document est un discours donné à Yan’an ou Mao évoque l’enjeu important de la littérature et de l’art en Chine.

Dans cette révolution Mao souhaite mettre en avant la culture. Selon l’auteur l’art doit servir aux idées politiques ainsi qu’à la progression du socialisme. La force militaire ne doit être la seule solution pour vaincre les ennemis, c’est pourquoi il ne faut pas négliger le pouvoir intellectuel. Il dit : «  Il nous faut une armée de la culture ». Cela souligne la forte volonté de Mao Zedong. L’art doit également refléter la vie des travailleurs en effet, grâce au mouvement du 4 Mai 1919 une armée de la culture s’est constituée en Chine et cela a été purement bénéfique car elle a rejeté toutes les anciennes traditions chinoises. Pendant longtemps, le Parti communiste utilisait la chanson, le théâtre et la danse pour attirer la population civile. Or, l’objectif ici est celui d’intégrer la littérature et l’art dans la révolution de manière naturelle. Mao Zedong remarque que les écrivains et artiste révolutionnaires sont de plus en nombreux à Yenan ce qui est favorable pour la Chine à l’inverse du Japon.

Mais pour atteindre ce but, il faut être conscient de trois catégories de personnes : les ennemis, les alliés du front uni et nous mêmes dit-il soit la masse populaire. Nous devons réagir différemment en fonction de la personne que nous avons face à nous, l’attitude doit être différente. Il faut en effet utiliser les mots, la culture, l’intelligence pour dénoncer leurs cruautés et mensonges. Face aux alliés, il faut s’appuyer sur l’union solidaire les remercier lorsque le travail est accompli mais aussi les rappelait à l’ordre lorsqu’ils sont passifs. Mao souhaite combattre contre tous ceux qui s’opposent aux communistes, c’est pourquoi il faut également soutenir notre peuple car eux se battent depuis le début.

Ainsi, le fait d’avoir recours à la culture permettrait une progression pour la Chine dans sa révolution. Dans ce discours, la ville de Yenan est considérée comme l’âge d’or de la littérature.  On suggère l’étude du marxisme-léninisme et l’étude des luttes des classes. Mettre en avant la culture est donc primordial pour Mao Zedong, mais selon lui ce n’est qu’en nouant les liens de chair et de sang avec les masses populaires que l’on pourra créer des œuvres littéraires et artistiques qui prennent profondément racine dans l’histoire. La culture n’est pas seulement destinée à la bourgeoisie et aux élites, c’est ce qu’il souhaite faire changer. Mao appelle à créer de meilleurs ouvrages au service du peuple et du socialisme. Ainsi, la culture est un pas en avant vers la modernisation et la révolution pour la Chine.